Micro-certifier les compétences avec les Open Badges

Entretien avec Pascal RASSAT,  gérant de CITICA et fondateur de Micro-Certif, plateforme de micro-certification des compétences.

On parle beaucoup de micro-certification, mais le terme reste flou. De quoi parle-t-on exactement ?
La micro-certification, c’est avant tout une manière différente de reconnaître ce que les personnes savent réellement faire. Pas ce qu’elles ont suivi comme formation, mais ce qu’elles maîtrisent, ce qu’elles ont expérimenté, ce à quoi elles ont contribué. Elle s’intéresse à des unités fines : une compétence, un savoir-faire, une capacité démontrée dans un contexte précis.

Et c’est là qu’entrent en jeu les open badges ?
Exactement. Les open badges sont le format qui permet de rendre cette reconnaissance lisible et vérifiable. Contrairement à une attestation PDF ou à une ligne sur un CV, un open badge est un objet numérique qui contient des informations structurées : qui a reconnu la compétence, selon quels critères, à partir de quelles preuves, et à quelle date. Ce n’est pas un symbole, c’est un contenant.

Beaucoup associent encore les badges uniquement à la formation.
C’est une vision très réductrice. La micro-certification fonctionne dans des contextes extrêmement variés. Bien sûr dans la formation, formelle ou non. Mais aussi dans des situations professionnelles, dans des projets, dans l’expérience acquise sur le terrain. Elle peut reconnaître une participation, un engagement associatif, une contribution à un collectif, un rôle joué dans une organisation. Dès qu’il y a une action observable et des critères clairs, la micro-certification a du sens.

Comment garantir que cette reconnaissance soit crédible ?
La crédibilité repose sur deux piliers. Le premier, c’est la qualité du cadre : des critères explicites, des preuves identifiées, un processus d’attribution clair. Le second, c’est la confiance technique. Chez Micro-Certif, les badges ne sont pas simplement générés : ils sont signés cryptographiquement et répondent à la dernière version de la norme internationale des Open Badges (3.0).

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?
Chaque badge est émis par un serveur de signature qui utilise des clés cryptographiques. Cette signature garantit que le badge n’a pas été modifié, qu’il provient bien de l’émetteur déclaré et qu’il est vérifiable indépendamment de la plateforme. N’importe qui peut contrôler l’authenticité du badge, sans avoir besoin de nous faire confiance sur parole.

On est loin du simple fichier numérique…
Oui, et c’est volontaire. Un badge doit pouvoir circuler, être partagé, archivé, ressorti des années plus tard, sans perdre sa valeur. La signature par clés crypto permet cette pérennité. Le badge devient une preuve vérifiable, pas un document fragile dépendant d’un outil.

Pourquoi cette exigence technique est-elle si centrale ?
Parce que la reconnaissance n’a de valeur que si elle est durable. Une micro-certification qui disparaît quand une plateforme ferme ou qui ne peut pas être vérifiée hors de son environnement n’est pas une vraie reconnaissance. Le numérique permet mieux que ça. Encore faut-il l’utiliser correctement.

Micro-Certif se présente souvent comme une méthode autant qu’une plateforme. Pourquoi ?
Parce que le vrai sujet n’est pas l’outil. Le vrai sujet, c’est la manière dont on conçoit la reconnaissance. Nous accompagnons les organisations pour penser ce qu’elles veulent reconnaître, pourquoi, et comment. La plateforme vient ensuite, comme un support fiable, conforme aux standards, capable de traduire cette réflexion en badges vérifiables.

En résumé, qu’est-ce qui distingue la micro-certification d’une certification classique ?
La certification dit : “vous avez suivi un parcours”. La micro-certification dit : “voici ce que vous savez faire, et voici pourquoi on peut vous faire confiance”.
Dans un monde où les compétences se construisent partout, tout le temps, cette différence change beaucoup de choses.

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