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Les statistiques françaises sur le télétravail distinguent les télétravailleurs salariés et non salariés. Une enquête récente de la DARES a analysé de manière détaillée l’introduction du télétravail sur ces deux types de population.
Les télétravailleurs salariés Les télétravailleurs salariés peuvent travailler soit dans le secteur public, soit dans le secteur privé. Les études ne distinguent pas forcément leur statut précisément. Deux formes principales de télétravail salarié peuvent être mises en avant :
· Télétravail à domicile : la part entre bureau et domicile peut dans ce cas être fluctuante : mi-temps ou temps partagé à l’avantage du bureau ou du domicile suivant les cas. Les employeurs ont cependant tendance à préférer une solution qui permette au télétravailleur de rester entre un et deux jours à son domicile et de venir au bureau le reste du temps. Cette solution favorise en effet la préservation du lien social et de la culture d’entreprise, plus facilement en tous les cas que pour le télétravailleur fixe à domicile. Selon les sources de la DARES, en 2004, les « télétravailleurs à fixes à domicile » étaient un peu moins de 200.000 et les « télétravailleurs alternant à domicile » un peu plus de 242.000 soit respectivement 0,9% et 1,1% des 22 millions de salariés que la France compte en 2004.
· Télétravail mobile ou nomade : les télétravailleurs nomades partagent leur temps de travail entre plusieurs lieux, sans travailler beaucoup à leur domicile. Le travail nomade peut être exercé chez le client, dans une filiale ou dans un moyen de transport, … (c’est le cas par exemple des commerciaux). En France en 2004, l’étude de la DARES dénombrait 5,4% de salariés qui répondaient à cette définition soit un total d’un peu moins de 1.200.000 personnes. La part des télétravailleurs du secteur public dans ces chiffres est extrêmement faible. Le développement du télétravail dans ce secteur reste l’un des points faibles de la France.
Il est plus difficile, pour cette catégorie, de savoir où commence et où s’arrête le télétravail. En effet, le domicile se confond souvent avec le lieu de travail habituel. L’étude de la DARES indique cependant qu’il y avait en France en 2004, 160.000 télétravailleurs indépendants à domicile (6% des travailleurs non salariés) et 106.700 travailleurs indépendants nomades (4% des travailleurs non salariés) pour un population totale de 2.668.000 travailleurs non salariés. Les chiffres concernant les travailleurs indépendants sont en tous les cas très faibles comparés à d’autres pays : sur cette catégorie, la France est le seul pays européen à moins de 1% de la population active pour une moyenne européenne à plus de 3%. La commission européenne estimait à cinq ans le retard des TPE françaises par rapport aux TPE américaines. Ce retard serait en partie du à leurs performances insuffisantes en matière d’innovation et d’utilisation des nouvelles technologies. Si le taux d’équipement informatique est important dans cette catégorie de la population active (79%), seules 30% utilisent un logiciel professionnel de gestion et 65% disposent d’un accès internet. 840.000 TPE sur les 2,2 millions de TPE existantes seraient même totalement coupées de l’économie numérique. Le télétravail en France en 2004
Les deniers chiffres fiables, datant de 2004, comptabilisaient donc plus de 1.630.000 télétravailleurs salariés et 266.800 télétravailleurs non salariés soit un total de près de 1.900.000 télétravailleurs. On le voit, ces chiffres recouvrent cependant des réalités concrètes bien différentes : d’un travail complet à domicile jusqu’au travail partagé avec un temps plus ou moins long passé à son domicile.
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